Cantharide – So Many Ways (2017) – Tous les chemins mènent au Rock

Des fois, des disques arrivent jusqu’au WhamBam Mag et bouleversent la routine de notre maison de retraite.

Au lieu de passer le temps à traquer le dernier duo à la con d’Iggy Pop ou le premier enregistrement potache de David Bowie, on se fait parfois bousculer par une petite mise à jour entre les oreilles en écoutant une nouveauté qui sort du lot et qui nous laisse comme qui dirait sur le cul mais en dodelinant vachement de la tête.

Disons le tout net, le nouvel album de Cantharide, « So Many Ways », fait partie de ces pépites qui peuvent tenir la dragée haute aux meilleurs artistes morts ou pas loin.
Disons le tout aussi clairement, Cantharide ne fait pas de la zizique avant gardiste mais son leader, Pierre Chaissac alias Choumy, est du genre meilleur artisan de France pour ce qui est d’écrire et de composer des merveilles de pop songs dans la tradition des plus grands.

 

 

Ce disque démarre sur les chapeaux de roues avec « You’re The Rock Upon Wich I Stand » et, coïncidence (?), fait tout de suite penser aux meilleurs titres rock des Cars avec un je ne sais quoi de Moon Martin dedans, le tout avec un chouille de sauce anglaise notamment pour les choeurs liverpooliens. C’est frais, printanier, entrainant. Vachement bien.

« This House », qui suit, est une superbe pop song façon Elliott Murphy ou America (A Horse With No Name) avec un solo de guitare un poil grunge à la Smashing Pumpkins et néanmoins magnifique de concision.

« Times Of Destruction » est une chouette ballade acoustique à la mélancolie frénétique et aux vocaux tout simplement parfaits.

« See Me Smile » est, pour moi, peut-être la seule petite faute de goût sur cet album. C’est un titre basé sur une ritournelle un peu fastoche et (trop ?) répétitive du genre comptine rock, et qui est sauvé des eaux uniquement par son solo de guitare plus inventif que le reste.

Autre ballade acoustique avec « Everybody’s Dorian Gray » aux sonorités très « Wings de la grande époque ». Guitares ciselées et vocaux inspirés s’y croisent magnifiquement bien.

Et puis arrive « Goosebumps And Headaches ». Rien que le titre fait déjà penser à Tom Waits. Et on n’est pas déçu. Ce morceau démarre avec Choumy là où on ne l’attendait vocalement pas (subtil mélange entre Tom Waits, Neil Young, Elliott Murphy et même Arno, voire John Wesley !), accompagné d’abord d’une guitare acoustique et d’un piano (sublime de simplicité) et magnifié ensuite par la (contre)basse et la batterie et enfin par un zeste de clavier. Du grand Art !

Avec « Sweetness And Riot » on appuie de nouveau sur le champignon électrique (putain l’hallu ! ) avec un rock bien pêchu aux sonorités actuelles sans être putassières. Rafraichissant.

On enchaine ensuite  avec deux pépites acoustiques rehaussées de steel guitar,  « It Doesn’t Feel Like Home, Lizzie » et, sans doute, la plus belle d’entre toutes, la très sensuelle « If She’s With You ».

« The Asphalt Call », dans la grande tradition du rock à guitares – Neil Young versus Brian Molko (la voix, parfois) – , s’étire pour notre plus grand plaisir histoire de tailler la route un peu plus loin.

L’album « So Many Ways » se termine en beauté avec « Once I’ll Fall Apart ». Encore une petite merveille de douceur dans ce monde de putes et qui ne dénoterait par sur l’autre chef d’oeuvre qu’est « Adore » de qui vous savez.

 

Que dire de plus ?
Cet album tourne en boucle à la rédac du WhamBam Mag depuis trois semaines. Et c’est pas pour dire mais on a plutôt bon goût.
« So Many Ways » mérite d’être largement diffusé et défendu en direct live sur les scènes d’ici et d’ailleurs.
Il est bien entendu disponible à la vente sur le site de Cantharide pour la modique somme de 10 euros.
C’est un album de Classic Rock qui bonifie à chaque écoute et il  vous accompagnera certainement longtemps sur la route et dans la tête.

 

Pour vous faire une idée, vous pouvez l’écouter avant de l’acheter ci-dessous.

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